Chili con carne

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Chili - Santiago
de alex, le 03-06-2008

Chili con carne

Le Chili aura été une bonne surprise... Les routards ont tendance à lui tailler une mauvaise réputation parce-que le pays est un des plus chers d'Amérique du Sud avec le Brésil. Bon, ce n'est pas faux quand on voit les prix tripler par rapport à la Bolivie!!! Disons qu'on ne peut pas se permettre de glander trois semaines... Passé ce détail financier, le Chili est aussi un pays magnifique et incroyablement varié. Une bande de terre, longue de 4300 kms...

Coup de coeur dès notre première étape chilienne avec San Pedro de Atacama, véritable oasis perdue dans le désert de Atacama (un des désert les plus arides au monde). Perché à 2240 m mais dominé par le majestueux volcan Licancabur. Petit village bourré de charme : ruelles en terre battue, maisons basses, couleurs ocres, place ombragée, église pittoresque et blanchie à la chaux, chiens errants et affectueux, gars qui passent à cheval chapeau vissé sur la tête... toute une ambiance. Sensation hors-temps : on flâne, on se pose sur la place pour boire un jus de fruits fraîchement pressé, on discute, on regarde la finale Chelsea - Manchester dans un bar sans prétention avec ventilo au plafond et supporters assoiffés...

On loue des VTT pour découvrir la superbe Valle de La luna, à 15 bornes. Plus impressionnante que la version bolivienne... La terre est craquelée par la chaleur torride, la végétation est rare et les formations rocheuses sont nombreuses. Magnifique vallée aux allures lunaires dans la Cordillera de la Sal : formations minérales recouvertes de sel (on dirait des sommets enneigés à l'oeil nu!!!), dunes de sable, canyon aux couleurs ocres, site des Tres Maries... Journée ponctuée par un superbe coucher de soleil. On en profite jusqu'au bout avant de rentrer à la frontale et éclairés par la pleine lune. S'il fait terriblement chaud la journée, ça se rafraîchit rapidement et les nuits sont froides : partis en T-shirts, on revient avec pull, gants et bonnet... pas fous!!!

On quitte San Pedro avec nostalgie d'autant que le sud est sous des trombes d'eau (inondations à Santiago) mais les dollars filent trop vite par ici... 14 h de bus pour rejoindre La Serena sur la côte. La grande classe même en semi-cama : spacieux, avec steward à bord aux petis soins, petit snack, couverture et coussin, film...

Arrivée à La Serena en début matinée sous un ciel couvert. On s'installe à l'auberge Maria Casa... maison un peu bohème où l'on rentre par le salon de Maria!!! Une hospitalité hors du commun avec Maria qui tient la baraque, son fils Andres un peu tête en l'air et Pancho le frangin qui tchatche avec tout le monde. On est bien, alors on reste... et puis sur les bons conseils de Pancho, on se régale tous les jours "chez Daniella" petite cantoche sans prétention et bien locale : la cazuela (bouillon de viande avec pommes de terre, maïs, potiron et autres légumes), le pastel de choclo (viande hâchée cuite avec des raisins et des oignons et recouverte de purée de maïs), les porotos granados (plat populaire à base de haricots avec potiron, maïs, ail et oignons), le lomo a la pobre... des plats qui tiennent au ventre!!!
On prend le temps de découvrir les environs. La Serena est la deuxième ville la plus ancienne du pays après Santiago : les maisons coloniales et les nombreuses églises sont éparpillées autour de la Plaza de Arma. Réputée pour être la nouvelle station balnéaire à la mode, on découvre une plage douteuse et un phare taggé... plutôt sceptiques!!!
Petite escapade buccolique dans la Vallée d'Elqui à 80 bornes d'ici, vallée ensoleillée et fertile au pied de collines arides (avocats, fruits, agrumes, vignes...). Villages pittoresques avec Vicuna, Pisco d'Elqui (visite d'une distillerie de Pisco - liqueur de raisin et boisson nationale) ou encore Montegrande (visite du musée Gabriela Mistral - prix Nobel de littérature en 1945).
On passe entre les gouttes mais le temps reste maussade et Santiago est sous des trombes d'eau... à quoi bon avancer?! On patiente deux jours pour monter à l'Observatoire Astronomique de Mamalluca, dans la vallée d'Elqui et profiter d'un ciel criblé d'étoiles et des explications d'un astronome local un peu allumé. Le Chili est réputé pour son ciel clair et non pollué : les astronomes du monde entier se battent pour obtenir des nuits d'observation!!! Et l'Europe et les USA rivalisent dans le financement et l'implantation de télescopes aux mensurations vertigineuses... Une belle nuit des étoiles à observer au télescope Saturne, Mars et la Voie Lactée.

On poursuit notre route vers le Sud avec un bus de nuit pour découvrir Valparaiso, ville située à 110 kms au nord- ouest de Santiago. Coup de coeur pour cette ville unique qui n'a jamais été construite à partir d'un plan : elle émerge de l'océan Pacifique pour grimper sur les 42 "cerros" (collines) environnantes en un labyrinthe multicolore. La ville basse est grisâtre et quadrillée mais en un coup d' "ascensores" (funiculaires - il en existe une 15aine dans la ville), on débarque dans une ambiance bobo et quasi villageoise : galeries d'art, bars à vin, murs colorés, funiculaires du XIX siècle, chats de gouttière, escaliers, passages dérobés, ruelles pentues, lampadaires en mosaïque, fresques...
Ville au charme indéniable et muse de nombreux écrivains. On en profite pour visiter la Sebastiana, une des maisons de Pablo Neruda avec vue imprenable sur la baie (poète chilien - prix Nobel en 1971 et fierté nationale).

Santiago marque la fin de notre périple chilien. Pas aussi rebutante que certains échos veulent bien le laisser croire... Photo historique de la Moneda sur la Plaza de la Contituzion : actuellement siège du gouvernement, elle aura été un lieu symbolique lors du coup d'Etat de 1973, bombardée par la junte militaire dirigée par un certain... Pinochet.
Pause culturelle avec le superbe musée d'art précolombien couvrant les différentes cultures du Mexique à la Terre de Feu.
Ballade dans le quartier Bellavista surnommé le "quartier latin" de Santiago : bars, restos, boutiques... avant de monter sur le cerro San Cristobal en funiculaire et admirer la vue exceptionnelle sur la ville étalée au pied des Andes enneigées. Superbe.

Pas le temps de rêvasser, un bus nous attend à 21h direction Osorno au sud du Chili. On rate de peu des retrouvailles avec Patrick, notre irlandais préféré... mais Ju et Greg nous attendent côté argentin. Belle parenthèse chilienne tant au niveau des paysages que des rencontres : les Chiliens sont accueillants et très serviables. Et ils aiment le pain.. détail non négligeable!!!

Des heures de bus en perspective pour atteindre El Calafate, dans la Patagonie argentine...
Hâte de découvrir ce pays qui me fait rêver depuis longtemps.



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