Hakuna matata

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Tanzanie - Arusha
de alex, le 20-08-2008

Hakuna matata

C'est Peter, un assistant d'anglais kenyan avec qui je bossais il y a deux ans qui m'a parlé la première fois de la Tanzanie... Il avait cette nonchalance africaine (mes collègues de langue s'arrachaient les cheveux!!!) mais on avait passé de longues heures à parler de son pays. Et au détour d'une conversation, il m'avait dit "le Kenya c'est beau mais la Tanzanie c'est magique : plus cher mais moins touristique et plus sauvage". Il n'en fallait pas plus pour me convaincre...

Deux ans que je montais puis abandonnais mes projets pour le Kili... trop cher, pas le temps... Du coup, j'en ai fait le bouquet final du TDM!!! Une place de choix amplement méritée...

On débarque en Tanzanie sur les rotules : les dernières nuits ont été courtes, notre hygiène de vie est déplorable et le transfert pour la Tanzanie via Jo'burg interminable. Je crois que je n'ai jamais été aussi nase en un an de voyage... on me posait dans un coin, je m'endormais en moins de 2 secondes!!! Et puis, la moiteur et la température à notre arrivée à Dar es Salaam n'arrangent rien.

A cette fatigue physique s'ajoute une fatigue nerveuse avec la mauvaise nouvelle délivrée par Kenya Airways : les vols sont pleins pour rentrer sur Paris... notre grand retour est avancé du 21 au 15 août!!! On en prend un coup psychologiquement : ça sent vraiment la fin... Du coup, on ne peut pas se permettre de se poser si on veut tout caser!!!

On se laisse convaincre par Mr Kennedy, un grand gars discret qui nous retrouve dès notre arrivée à Dar es Salaam. On signe pour 6 jours de Kili, une journée de safari à Ngorongoro, la visite d'un village massaï et un vol domestique Arusha - Dar es Salaam pour récupérer notre vol pour la France. Le prix est correct mais reste conséquent (rien que les taxes d'entrée au Kili s'élèvent à 700$ pour 6 jours!!!) : va falloir racler le fond de nos comptes!!! On est censés attaquer le Kili dans moins de 48h : je ne suis pas très optimiste... On ne mange rien et on file au lit.

On quitte la capitale économique tanzanienne le lendemain matin. Après quelques timides retraits bancaires histoire de donner un acompte, Kennedy nous dépose au bus pour Moshi. Face à nos petites mines, il nous offre des boissons fraîches pour le trajet. Le bus est bondé, le chauffeur pressé et les pauses trop rares. Si on veut manger quelque chose, il faut être rapide et acheter au vol une orange ou un épi de maïs aux vendeurs ambulants qui tendent à bout de bras leurs marchandises sous les fenêtres des bus... pour le coup on est plutôt au ralenti!!! Tant pis... Le paysage qui défile à travers la vitre nous plonge au coeur de l'Afrique et les clichés qui vont avec : huttes, maisons en terre, végétation luxuriante, baobabs, acacias parasols.... On ne retrouve pas l'influence occidentale ou anglo-saxonne comme en Afrique du Sud.

On arrive à Moshi au nord du pays avec deux heures de retard. Un certain Mohammed nous accueille, nous amène à l'hôtel, nous donne le mot de passe (seule garantie qu'on ne se trompe pas d'interlocuteur : ça prenait l'allure d'une mission secrète grotesque...) et nous fait faire la tournée des banques pour espérer glaner quelques shillings tanzaniens. Maigre récolte. Mohammed ne s'affole pas. Hakuna matata... On prépare notre sac pour le Kili avant de faire enfin un vrai repas et sombrer dans un vrai lit.

Cette nouvelle journée pourtant ensoleillée tourne au cauchemar... on galère pendant des heures pour retirer du fric, à appeler nos banques en France pour demander une autorisation ("désolée, votre banquier est exceptionnellement en réunion"... "je vais essayer de l'avertir"... "il est introuvable"... puis la banque ferme pour la pause déjeuner pendant 1h30...). Le départ pour le Kili dans la journée semble plus que compromis... les heures passent, la situation ne se débloque pas et le verdict de Momo tombe : pas de Kili pour aujourd'hui!!! Faudra attendre demain. Entre temps, j'ai mon banquier qui fait le nécessaire et à 17h piles, on file à la banque tanzanienne. Le rideau de fer est tombé avec une ponctualité déprimante. On arrive à convaincre la directrice de nous rouvrir et de procéder à la transaction. 15 mins et un contrôle zélé de mes coordonnées plus tard, on a les liasses en main : plus de 3 millions de shillings... Waaaahhhooouuuu!!!!! Je suis vidée. Seul point positif : une nouvelle nuit réparatrice nous attend avant l'ascension... et les sacs sont déjà faits. Hakuna matata...


Coincés par le temps, on choisit la voie Marangu, également appelée "coca-cola route". Depuis deux ans, je planifiais de monter par la voie Machame réputée plus sauvage et plus difficile, tant pis... On quitte Moshi en mini-bus pour rejoindre la porte de Marangu à 40 bornes. Faut passer à la caisse... et c'est peu dire!!! Entre la taxe d'entrée, la taxe de nuit et la taxe de sécurité, le Kili s'avère être une aventure sportive mais onéreuse : plus de 120 $ par jour et par personne rien que pour les taxes!!! Autant dire que ça motive pour arriver en haut...

On passe la porte Marangu avec toute une armada : Tetsia un Japonais, deux guides (Goodluck et son père William), deux assistants (Bruno et Seratji), 4 porteurs, un cuistot et son assistant. On ne porte qu'un sac de 6-7 kgs sur le dos (obligatoire de recruter des porteurs quelque soit la voie empruntée) et le soleil est au rendez-vous. Les guides répètent inlassablement "Kilimanjaro... pole pole..." (prononcez polé, polé : doucement, doucement...) pour éviter de se cramer.

1er jour - Porte Marangu (1800 m) au refuge de Mandara (2727 m) - 7 km - 2h1/2 de marche
On traverse une forêt tropicale humide avec cascades, végétation luxuriante, arbres noueux et singes acrobates. Première journée courte et facile qui permet une bonne mise en jambes. Bon feeling avec les guides. Rencontre insolite avec des singes colobes guéréza à la fourrure noire et blanche, aux longs poils et à la queue fournie : une vraie peluche!!! Rituel du thé et du pop corn à l'arrivée avant un repas chaud et une nuit en dortoir. Pas de douche mais une bassine d'eau chaude (idem au réveil).

2ème jour - refuge Mandara (2727 m) au refuge Horombo (3720 m) - 11,5 km - 4h15 de marche
On quitte la forêt pour un paysage plus désertique. Le sentier est toujours incroyablement entretenu : rigoles en pierre, renforts en bois, aire de pique-nique avec bancs et tables, petits ponts de bois, etc. Pas de raidillon casse-pattes et pas de sac qui scie les épaules (merci aux porteurs!!!) alors on profite. Au milieu des herbes hautes émergent des fleurs Poretea, des arbustres, des arbres Kilimanjaro Sinesia... On aperçoit le Kilimandjaro et ses neiges éternelles au loin. On s'installe dans un petit chalet de bois au camp Horombo : la classe... On découvre alors que Goodluck n'a payé des taxes que pour 5 jours d'ascension alors qu'on a avancé pour 6 avec notamment un jour d'acclimatation à Horombo!!! ça sent le coup foireux... Négociation à 3720 m d'altitude. Je demande à avoir Mohammed au téléphone pour voir ce qu'il en est. Il n'a pas vraiment l'air au courant. Je lui propose alors un deal : on fait le Kili en 5 au lieu de 6 jours (de toutes façons, ça coince au niveau de la bouffe et des guides... et accessoirement, je sens qu'on a la caisse pour arriver en haut) mais on veut un autre jour de safari avec l'argent du 6ème jour. Silence. Soupirs. Momo accepte. Hakuna matata... Soirée dans le refuge salle commune. Tetsia commence à avoir mal à la tête. Greg psychote et va finir par avoir mal à la tête à force de penser qu'il va avoir mal à la tête...

3ème jour - Horombo (3720 m) au refuge Kibo (4703 m) - 10km - 4h30 de marche
La végétation se raréfie et les paysages deviennent de plus en plus lunaires et rocailleux. Le vent souffle. Les nuages passent tantôt créant un jeu de lumière étrange, tantôt s'accrochant aux montagnes. Le Kibo (5895 m) et le Mawenzi (5149 m) nous accompagnent, majestueux. Le mont Kilimandjaro est en fait composé de trois volcans éteints : le Kibo (5895 m), le Mawenzi (5149 m) et le Shira (3962 m). On arrive au camp Kibo, niché dans les rocailles, en milieu d'aprem. Le Kili est perdu dans les nuages. Je me force à faire une sieste car la nuit va être courte et le sommeil léger. On prépare nos petits sacs pour l'ultime journée d'ascension. Au lit vers 18h... la nuit est froide.

4ème jour - Kibo (4703 m) au sommet du Kilimandjaro, Uhuru Peak (5895 m) - 5h40 de marche puis redescente au refuge Horombo (3720 m)
Réveil à 23h30. Personne n'a vraiment dormi. Tetsia n'est pas bien et Greg a mal à la tête... On avale juste un thé et quelques biscuits. Paul, mon cousin australien et alpiniste, m'avait avertie des températures surprenantes du Kili : on part avec toutes nos couches... Goodluck prend la tête du convoi, Seratji et Bruno ferment la marche. Le reste de l'équipe attend notre retour au camp de base. Le ciel est étoilé, promesse d'une vue dégagée au sommet. Tetsia est vite lâché, Goodluck reste avec lui. La triplette poursuit avec les deux autres guides. Greg n'est pas très bien, les pauses sont fréquentes. On marche incroyablement lentement. A 5000 m, je ne suis pas essoufflée, ni fatiguée mais je suis gelée. Alors qu'on double tout le monde, le rythme imposé par Bruno est encore trop lent pour se réchauffer. Je ne sens plus mes doigts, ni mes orteils. François a froid aux jambes. On demande à Bruno d'accélérer quitte à "abandonner" Greg qui ne peut pas aller plus vite. Le froid du Kili aura eu raison de la solidarité de la triplette...
800 m de dénivellé dans un mur de caillasses glissantes, la frontale vissée sur le front. Le Kili nous rappelle qu'il est un nom mythique de la montagne : si les premiers jours pouvaient nous en faire douter, cet ultime raidillon nous force au respect... certains sont contraints de faire demi-tour. Je me sens vraiment bien, même si je reste très attentive aux réactions de mon corps. François est obligé de s'arrêter deux fois pour calmer son coeur qui s'emballe. Mais on sent qu'on va arriver en haut...
On fête le passage au Gillman's Point à 5681 m. Un thermos de thé, un bout de chocolat et une photo souvenir. Le plus dur est derrière nous...
On demande à Bruno de ne plus accélérer non pas pour des raisons physiques mais pour respecter un timing parfait avec le lever de soleil. On remonte l'arête jusqu'au Uhuru peak dans la nuit tantôt crapahutant dans les rochers, tantôt foulant les neiges éternelles. Je sens l'émotion qui monte à chacun de nos pas... Je sais que je vais arriver en haut mais j'ai envie de retarder ce moment le plus possible. Comme un bon bouquin qu'on n'a pas envie de finir, alors on traîne sur les dernières pages...
On arrive au sommet à 6h08. On est montés en 5h30 au lieu de 7h. Une poignée de gars seulement sont là. On tombe dans les bras des uns des autres avec Bruno et François. Je pleure comme une gamine. Un truc qui prend aux tripes... un rêve qui se réalise, une fin de TDM en beauté et une vue superbe qui se découvre avec le lever de soleil. Un condensé de souvenirs, d'émotions, de petits moments de bonheur qui me fait craquer. Je suis sur le Toit de l'Afrique... Le sommet domine la steppe et la mer de nuages. Curieuse montagne : si haute, si froide et pourtant si près de l'Equateur... si haute et pourtant pas rattachée à une chaîne de pics mais isolée dans la steppe africaine... Indescriptible.
Les -20°C finissent par avoir raison de mon émerveillement. Difficile de prendre des photos, je ne sens plus mes doigts (je cadre et Bruno appuie sur le bouton car mon index est engourdi). Et le sommet commence à se "remplir"... On attaque la resdescente. Au bout d'une petite 1/2 heure, on croise un truc bleu titubant - Greg, le sourire fatigué, les lèvres violacées mais heureux : "Ah vous êtes là?! Je viens de vomir..." On se marre. On est heureux de se voir, heureux de voir que tout le monde va arriver en haut même si l'émotion du sommet n'aura pas été partagée à trois. Greg nous demande de remonter avec lui mais on est gelés. On immortalise quand même notre chassé-croisé dans la lumière orangée du lever de soleil.
On poursuit notre descente sous le soleil qui nous réchauffe. Du bonheur... je profite.
On "avale" le raidillon de 800 m de dénivellé en courant (valait mieux le faire de nuit celui-là!!!). On bouffe de la poussière. On croise en chemin Tetsia et Goodluck qui galèrent toujours pour atteindre le Gillman's point. Courageux voire insensé.
Le reste de l'équipe nous accueille avec un jus d'ananas à l'arrivée à Kibo. Les gars du camp me surnomment affectueusement "strong sister of Kilimanjaro". Pas l'habitude qu'une fille marche vite... mais j'ai eu l'éducation montagnarde!!!

Greg nous rejoint une heure plus tard. Sieste et repas frugal avant de redescendre sur Horombo. Tetsia finira sur la civière 4x4, livide et limite inconscient. Soirée yatzee autour d'un bon repas copieux. Echange avec les autres trekkers qu'on croise depuis 4 jours maintenant. Tetsia est redescendu d'urgence et de nuit en civière pour rejoindre l'hôpital de Moshi. Son état ne s'est pas amélioré...

5ème jour - Horombo (3720 m) à la porte Marangu (1800 m) - 18 km - 4h de marche
Descente dans le brouillard avec toute l'équipe. Une ascension en 6 jours nous aurait coûté la vue au sommet. Vraiment chanceux... je finis avec William l'aîné et le sage de l'expédition. Il me chante ses chansons sur le Kili à défaut de pouvoir communiquer en anglais.
On arrive à destination vers 13h. Moment délicat pour la distribution des pourboires et de nos fringues. On paye plusieurs tournées de bière Kilimanjaro dans un boui-boui animé pour fêter le retour - ambiance assurée : chants, danse, fous rires, photos et accolades. On se quitte avec nostalgie et accessoirement un certificat pour le souvenir.

On retrouve l'animation et la musique dans les rues de Moshi et la nonchalance de Shakila à l'hôtel. Une bonne douche, un bon repas et une bonne nuit.

Autre temps fort de cette étape tanzanienne avec le safari : un bon moyen de se remettre de notre défi montagnard...
On commence avec le Lac Manyara, parc charmant situé dans le fond d'une vallée et partiellement occupé par un lac alcalin et une forêt tropicale. Perchés dans notre mini-bus 4x4 et profitant du toit surélevé, on observe médusés la faune du parc : babouins, éléphants, hippopotames, gnous, zèbres, grues couronnées, marabouts, pélicans, vervets bleus (singe), cigognes, flamants roses, impalas, phacochères, girafes, etc. Le paysage n'est pas en reste entre la forêt et la savane ponctuées de palmiers, d'acacias, de sycomores, d'arbres à saucisses... plus sauvage et varié qu'en Namibie.

Le lac Manyara n'est qu'une mise en bouche, une belle introduction à ce qui nous attend dans la région protégée du Ngorongoro. Véritable jardin d'Eden, le parc est un immense cratère aux flancs escarpés et boisés. Aucune brèche, aucune vallée n'y aboutit : on arrive par le haut à 2300 m d'altitude accueillis par les babouins et les tribus massaï qui vivent là avant de descendre abruptement de plus de 600 m de dénivellé pour atteindre le fond du cratère. Et c'est parti pour le plein d'émotions... malgré un certain trafic de 4x4, conséquence de la réputation mondiale du parc, on oublie tout et on se laisse attendrir ou impressionner par un groupe de lionnes et leurs lionceaux tapis dans les herbes hautes de la savane (avant de venir se rafraîchir à l'ombre de nos 4x4!!!), la cohabitation des zèbres et des gnous, les buffles imposants, les hippos qui barbotent, les impalas et autres antilopes affairées à brouter, les rhinos devinés au loin, les éléphants et leur paire d'ivoire impressionnante, les phacochères en duo, l'agilité du chat serval, les autruches, les chacals, les grues, les hérons... Une merveille.

On finit la journée avec la visite d'un village massaï : artisanat, danses et chants traditionnels, visite d'une hutte et échange avec le guide-traducteur. Les gamins sont contents, les femmes élégantes et souriantes. L'authenticité semble être là mais le contexte est trop touristique. Je ne suis pas très réceptive.

On rejoint Arusha et Momo dans la nuit. Dernière soirée du TDM. Pas de place pour la nostalgie ou la fête : 4 heures de négociations avec Mohammed qui ne veut pas nous rendre l'argent qu'on a avancé pour le vol Arusha - Dar es Salaam... qui a été annulé. 165$ par tête qui se transforment en transfert 4x4 jusqu'à Nairobi (pour récupérer notre correspondance pour Paris) avec visa de transit kenyan à la clé... coups de gueule et arguments jusqu'à tard. Hakuna matata... On finit la soirée avec un curry et des parties de yatzee.

Ultime rebondissement au réveil... Momo n'a pas le montant négocié... deux heures d'attente vaines... un chauffeur de 4x4 qui s'impatiente... des nerfs qui craquent... on part... heureusement la musique, la gentillesse des Tanzaniens, les paysages nous réconcilient avec nos premières impressions. Notre mésaventure n'est déjà qu'un souvenir limite risible... ça n'enlèvera rien aux émotions fortes que ce pays m'a fait vivre!!!

7 heures de 4x4 pour rejoindre Nairobi, au Kenya. Le trajet est silencieux. Chacun a son i-pod sur les oreilles et regarde le paysage défiler. On vit nos dernières heures du TDM égoïstement. La nostalgie monte et les souvenirs se bousculent dans ma tête...

Notre vol décolle à 22h15. Voilà c'est fini... (sur l'air de Mr Aubert)

Un bouquet final tanzanien, je ne pouvais pas rêver mieux. Après cette dernière étape, ma besace est pleine à craquer de souvenirs, d'émotions, de rencontres... L'émotion que j'ai pu ressentir en haut du Kilimandjaro résume à elle toute seule cette année autour du monde : imprévisible, forte et inoubliable...






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Commentaires sur cet article
dav
Dernier commentaire pour ton dernier récit... t'as vraiment le don de faire passer des émotions! Bienvenue en France en espérant te croiser avant ton nouveau départ (et ton nouveau blog?). Hakuna matata sister!
 

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